Depuis l’annonce publique qu’un ancien médicament contre la malaria (connu également sous le nom de paludisme) pourrait être efficace contre le Coronavirus (COVID-19), le monde redécouvre cette maladie qui, depuis des siècles, est probablement le problème de santé le plus sérieux auquel est confronté l’Amazonie.

À présent, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) parraine un vaste essai clinique international appelé SOLIDARITY pour étudier six médicaments susceptibles d’agir contre le Coronavirus, dont l’hydroxychloroquine, un médicament anti-malaria vieux de 70 ans.

Le phosphate de chloroquine, une découverte de presque 100 ans

Le phosphate de chloroquine a été découvert en 1934 et reconnu comme meilleur que la quinine pour traiter la malaria. En 2004, il a été identifié comme un inhibiteur du Coronavirus du SRAS (SARS-CoV). La frénésie de l’hydroxychloroquine (un dérivé de la chloroquine censé présenter moins d’effets secondaires) a commencé avec une déclaration, le 16 mars dernier, du Dr Didier Raoult, Directeur d’un hôpital universitaire à Marseille, concernant le succès rencontré dans son service avec l’hydroxychloroquine contre le Coronavirus.

Lors d’une conférence de presse, le Dr Raoult a présenté les résultats d’un essai clinique au cours duquel il a traité 25 patients atteints du Coronavirus avec ce médicament. « Après six jours », a-t-il dit, « seulement 25% des patients qui ont pris ce médicament présentaient encore des traces du virus dans leur système. En revanche, 90% de ceux qui n’avaient pas pris d’hydroxychloroquine étaient encore porteurs du Covid-19. »

Compte tenu du recul important dont nous disposons sur l’utilisation de l’hydroxychloroquine contre la malaria, il est très tentant d’aller de l’avant et de prétendre que nous avons un remède contre le Coronavirus. C’est bien entendu l’espoir du Président américain Donald Trump, qui veut voir les américains retourner au travail le plus vite possible. Pas si vite ! « Nous avons peut-être le bon médicament, mais nous ne savons pas quel est le dosage optimal, et ceci pourrait faire plus de mal que de bien », a déclaré Stephen Hahn, Commissaire de la FDA (Agence délivrant les autorisations de commercialisation des médicaments aux États-Unis), lors d’une conférence de presse quelques minutes après la déclaration de Donald Trump.

En effet, les problèmes de posologie et de toxicité, ainsi que les effets secondaires, sont particulièrement courants avec les médicaments. Cependant, la violence des réactions et leur orchestration médiatique à l’encontre d’un médicament prescrit depuis des décennies invitent à s’interroger « à qui profite le crime ».  Autrement dit : qui a à perdre et qui a à gagner si l’hydroxychloroquine est reconnue efficace contre le Coronavirus ?

Nul doute que les sociétés pharmaceutiques ne gagneraient pas beaucoup d’argent dessus, car il s’agit d’un médicament ancien, dont le brevet a expiré, et vendu comme « générique ». Aux yeux des sociétés pharmaceutiques, ce serait donc une situation inacceptable, et elles ont immédiatement approché certains politiciens pour qu’ils dénigrent le médicament. On a donc vu de nombreux politiciens, très heureux de s’opposer au Président Trump, s’empresser de répéter les arguments fournis par les sociétés pharmaceutiques.

Et c’est ainsi que la collusion de l’argent et du pouvoir mène à une controverse nourrie, même si tout le monde manque de preuves scientifiques pour étayer sa position.

Action de la chloroquine sur l’ADN

Certains médecins spécialisés dans les maladies infectieuses et tropicales, familiers de longue date avec l’hydroxychloroquine, ont signalé que la destruction du virus pourrait être accompagnée d’une forte déstabilisation de l’ADN du patient. Un peu comme une chimiothérapie, qui détruit tout, les bonnes et les mauvaises cellules. Des problèmes de toxicité oculaire, de risque cardiaque et de dysfonction hépatique ont également été signalés parmi les patients utilisant ce médicament à long terme contre la malaria ou le lupus. Cependant, pour le patient combattant le Coronavirus et sous ventilation, les effets à long terme ne sont probablement pas une préoccupation première.

A ce jour, et sur la base des études même partielles rapportées, il semble que lorsqu’utilisée sur une courte période, l’hydroxychloroquine peut se révéler utile. En même temps, les sociétés pharmaceutiques développent aussi vite qu’elles le peuvent, de nouvelles molécules brevetables sur lesquelles elles pourront gagner de l’argent. Il est à parier que plusieurs molécules seront approuvées, débouchant sur une guerre de marketing. C’est là que le médicament générique perdra sa part de marché au profit des débutants.

Cependant, il est important de se rappeler que pour les patients qui ne sont pas dans des conditions extrêmes, il existe des solutions naturelles, beaucoup plus douces, qui existent, avec des propriétés similaires. Par exemple, l’écorce de Pao pereira est utilisée depuis des siècles par la population indigène d’Amazonie pour traiter la malaria. Grâce à la Fondation Beljanski, dont la mission est d’étudier les bienfaits pour la santé de certaines molécules naturelles, les effets anticancéreux du Pao pereira sont bien documentés (1, 2, 3, 4, 5). Il existe ainsi des preuves que l’extrait a un effet antiviral (6, 7) et anti-inflammatoire (8).

Attention, tous les extraits de Pao pereira ne sont pas identiques. Cliquez ici pour en savoir plus.

Sylvie Beljanski

Références :

  1. β-Carboline Alkaloid-Enriched Extract from the Amazonian Rain Forest Tree Pao Pereira Suppresses Prostate Cancer Cells”. Debra L. Bemis, PhD, Jillian L. Capodice, LAc, MS, Manisha Desai, PhD, Aaron E. Katz, MD, Ralph Buttyan, PhD – Journal of the Society for Integrative Oncology, Vol 7, No2.

 

  1. Pao pereira Extract Suppresses Castration- Resistant Prostate Cancer Cell Growth, Survival and Invasion Through Inhibition of NFkB Signaling”. Cunjie Chang, BS, Wei Zhao, MS, Bingxian Xie, BS, Yongming Deng, BS, Tao Han, BM, Yangyan Cui, BS, Yundong Dai, BS, Zhen Zhang, BS, Jimin Gao, MD, PhD, Hongqian Guo, MD, PhD, and Jun Yan, PhD. Integr Cancer Ther. 2014 May;13(3):249-58. Doi: 10.1177/1534735413510557. Epub 2013 Nov 27.

 

  1. The Plant Extract of Pao Pereira Potentiates Carboplatin Effects Against Ovarian Cancer”. Published by Informa Healthcare USA, Inc. Jun Yu, PhD, Qi Chen, PhD. – ISSN 1388-0209 print/ISSN 1744-5116 – Pharmaceutical Biology.

 

  1. Inhibition of Pancreatic Cancer and Potentiation of Gemcitabine Effects by the Extract of Pao Pereira”. JUN YU, JEANNE DRISKO and QI CHEN Oncology Reports” Journal (doi: 10.3892/or.2013.2461).

 

  1. Extract of the Medicinal Plant Pao Pereira Inhibits Pancreatic Cancer Stem-Like Cell In Vitro and In Vivo”. Ruochen Dong, BS, Ping Chen, MS, Qi Chen, PhD.

 

  1. M. BELJANSKI, “Novel selective nontoxic anticancer and antiviral agents“. International Journal of Oncology Vol. 7. supplement, p983, October 1995.

 

  1. Tolerance and Feasibility of a 12-Month Therapy Using the Antiretroviral Agent PB100 in AIDS-Related Complex Patients.” D.Donadio et al. Dtsch.Zschr.Onkol. 26, 6 (1994).

 

  1. Pao Pereira Extract Attenuates Testosterone-Induced Benign Prostatic Hyperplasia in Rats by inhibiting 5α-Reductase”. Jiakuan Liu, Tian Fang, Meiqian Li, Yuting Song, Junzun Li, Zesheng Xue, Jiaxuan Li, Dandan Bu, Wei Liu, Qinghe Zeng, Yidan Zhang, Shifeng Yun, Ruimin Huang & Jun Yan. Scientific Reports 9, 19703 (2019). Doi: 10.1038/s41598-019-56145-z. E pub Dec 23 2019.