L’évolution du nombre de produits chimiques de synthèse produits depuis la Seconde Guerre mondiale est étonnante (voir fig. 1). Des études sur les effets sur la santé d’environ 85 000 de ces produits chimiques sont actuellement en cours, mais il faudra des décennies, voire des siècles, pour les terminer. Près de 3 000 de ces produits chimiques sont produits pour plus d’un demi-million de tonnes par an. Pourtant, peu de données sont accessibles au public, même sur la toxicité de base de 75 pour cent de ces produits chimiques dont la production est considérable. (1)

Quel impact ces molécules chimiques peuvent-elle avoir sur un organisme vivant ?

Dr Mirko Beljanski, biologiste-biochimiste ayant travaillé pendant plus de 30 ans au sein du célèbre Institut Pasteur de Paris, a consacré un livre présentant les principes de base de la réplication et de la transcription de l’ADN. Il a aussi écrit sur le rôle des molécules comme éléments déclencheurs dans l’expression normale et maligne du gène. (2) À l’époque, la communauté scientifique dans son ensemble considérait que la différence entre l’ADN normal et cancéreux était causée exclusivement par des mutations, c’est-à-dire par des altérations de la structure primaire de l’ADN (connue sous le nom de code génétique). Cette explication est maintenant considérée comme très partielle. L’intérêt se concentre désormais sur l’influence du milieu sur les oncogènes, dont l’activité nocive est considérée comme principale source d’altération.

ouverture et fermeture des chaines adn

Mirko Beljanski a démontré que la différence fondamentale entre l’ADN normal et cancéreux réside dans leur structure secondaire.. La double hélice de l’ADN cancéreux est déstabilisée en permanence sur de grandes surfaces, alors que, dans l’ADN normal, la relaxation ne se produit que localement et temporairement pour la réplication ou pour l’expression des gènes (voir fig 2). La séparation non physiologique des brins et l’exposition de nouveaux sites d’initiation pour la réplication et l’expression génique expliquent les propriétés caractéristiques de la cellule cancéreuse, à savoir une multiplication accrue et une synthèse de protéines parasites (voir fig. 3). Le Dr Beljanski s’est concentré sur les mécanismes complexes au niveau biochimique, analysant les voies impliquées lorsque les cellules se différencient ou échappent au contrôle pendant le développement du cancer. Le Dr Beljanski a consacré beaucoup d’efforts à l’étude du rôle des molécules endogènes et exogènes dans le déclenchement de la libération différentielle d’informations à partir de l’ADN et dans l’influence de la transformation cellulaire. Il a découvert que les cancérogènes déclenchent l’élargissement de la structure secondaire de l’ADN du cancer en se fixant successivement et au hasard sur des sites vulnérables dans l’ADN du cancer purifié.(3,4). L’ADN alors change de caractéristiques et devient “cancéreux”.

ADN cassé

Fort de cette observation, est-il possible de trouver de nouvelles solutions afin de développer des molécules capables de bloquer sélectivement la multiplication des cellules cancéreuses sans tuer les cellules saines?

Le Dr Beljanski a imaginé qu’une substance qui réagit de manière égale et opposée aux cancérogènes doit sûrement exister dans la nature. Alors que les cancérogènes augmentent l’ouverture et la duplication dans l’ADN du cancer, le Dr Beljanski a recherché des molécules naturelles qui feraient le contraire – fermer partiellement les brins d’ADN et ralentir la synthèse de l’ADN du cancer. Suite à l’analyse de plusieurs centaines de composés via l’OncotestBeljanski en a identifié un petit nombre qui réduisait l’activité matrice de l’ADN cancéreux. De plus, ces extraits n’ont pas affecté les résultats obtenus avec de l’ADN normal. Ce sont les extraits que Beljanski recherchait. Deux des extraits qu’il a identifiés, issus de plantes tropicales, se montrèrent particulièrement efficaces et sont devenus le centre de ses recherches.(5) Le Dr Beljanski a ainsi ouvert une nouvelle voie pour le traitement du cancer.

Les extraits du Dr Beljanski ont été soumis à une vaste série de tests (toxicologique en particulier) afin d’examiner leur effet sur des cellules cancéreuses en culture, sur des animaux atteints de divers types de cancer, et finalement dans de nombreuses études de cas sur l’Homme.(6,7,8,9)

Les extraits ont montré plusieurs propriétés constantes et remarquables. Premièrement, ils ont stoppé la prolifération des lignées cellulaires cancéreuses maintenues en laboratoire, tout en épargnant les cellules saines. Ils étaient toxiques pour les cellules cancéreuses chez les souris, mais n’ont pas nui aux souris saines. Ils ont démontré des effets anticancéreux sur une série de tumeurs malignes humaines, mais n’ont montré aucun effet secondaire significatif. L’activité de ces extraits est sélective vis-à-vis de l’ADN cancéreux, des cellules cancéreuses et des tumeurs des organismes cancéreux.

Conclusion :

Il y a un besoin évident d’approche nouvelle en cancérologie, car les traitements conventionnels se sont révélés être souvent mutagènes voir même cancérogènes. Ils sont en outre hautement toxiques, non seulement pour les cellules malignes mais également pour les cellules saines, car ils sont incapables de sélectivité d’action, incapables de discerner une cellule saine d’une cellule cancéreuse.

C’est la raison de notre recherche pour une approche tout à fait novatrice du traitement du cancer, spécifiquement dirigée contre les cellules malignes en utilisant des extraits de plante sélectifs et par ailleurs en stimulant l’immunité.

Pour compléter cette panoplie, Mirko Beljanski a développé un régulateur biologique capable de ramener certains processus physiologiques vers un fonctionnement normal.

De nombreuses personnes ont été témoins des bénéfices apportés par cette nouvelle approche (voir Témoignages de survivants).

Grace aux dons, la Fondation Beljanski poursuit cette recherche. Les partenariats établis avec plusieurs universités américaines ont donné lieu à de nombreuses publications.

RÉFÉRENCES

(1) “What Is the Connection Between Chemicals and Breast Cancer?” State of Evidence, 2003:28.
(2) Beljanski, M. The Regulation of DNA Replication & Transcription. Karger, 1983.
(3) Beljanski, M., et al. “Correlation between in vitro DNA synthesis, DNA strand separation and in vivo multiplication of cancer cells.” Exp. Cell Biol., 1981;49(4):220-31.
(4) Beljanski, M. et al. “Differential susceptibility of cancer and normal DNA template allows the detection of carcinogens and anticancer drugs. Third NCI-EORTC Symposium on new drugs therapy.” Bordet Institute, Brussels, 1981.
(5) Beljanski, M. & Beljanski, M. S. “Selective inhibition of in vitro synthesis of cancer DNA by alkaloids of the beta-carboline class.” Exp. Cell Biol, 1982;50(2):79.
(6) Beljanski, M., et al. “PB-100: a potent and selective inhibitor of human BCNU resistant glioblastoma cell multiplication.” Anticancer Res, 1993;13(6A):2301-2308.
(7) Beljanski, M. “The anticancer agent PB-100, selectively active on malignant cell lines, even multi-drug resistant.” Genetics and Molecular Biology, 2000;23(1):29-33.
(8) Beljanski, M. & Beljanski, M. S. “Three alkaloids as selective destroyers of cancer cells in mice. Synergy with classical anticancer drugs.” Oncology, 1986;43:198-203.
(9) Beljanski, M. “Cancer Therapy: A New Approach.” Deutsche Zeitschrift fur Onkologie, 1990;5(22):145-152.
BELJANSKI, “Novel selective nontoxic anticancer and antiviral agents“. International Journal of Oncology Vol. 7. supplement, p983, October 1995.
BELJANSKI, S. CROCHET, “The selective anticancer agents PB-100 and BG-8 are active against human melanoma cells, but do not affect non malignant fibroblasts“. International Journal of Oncology 8:1143-1148, 1996.
BELJANSKI (posthume), “The anticancer Agent PB-100, Selectively Active on Malignant Cells, Inhibits Multiplication of Sixteen Malignant Cell Lines, even Multidrug Resistant“. Genetics and Molecular Biology 2000, vol 23 nº1, pp. 29.

Mirko Beljanski et la médecine environnementale