Francine B. témoigne du traitement de son sida

SIDA ET HEPATITE C : 34 ans de HIV

Décembre 1984 : j’entre à l’hôpital pour y subir une opération. Mais une hémorragie catastrophique survient. Il ne faut pas moins de 69 poches de sang pour me permettre de survivre. Après un mois d’hôpital, je rentre à la maison.

Une infection urinaire survient alors, qui nécessite un drain dans le rein, relié à une poche d’urine, le canal de l’uretère s’étant bouché. Enfin, tout semble rentrer dans l’ordre.

Août 1985 : brusque poussée de ganglions dans l’aine, le cou, sous le bras. Les infections urinaires recommencent et vont vite devenir répétitives, exigeant d’être sans cesse sous étroite surveillance médicale. Ma fatigue est immense, mon immunité ne cesse de se dégrader, les infections se succèdent.

Cela va durer quatre ans, quatre ans sans que personne ne soit en mesure de m’expliquer le pourquoi de mon état, ni d’y mettre un terme.

Tous me prescrivent le même antibiotique, le Bactrim fort, mais personne ne s’inquiète de savoir pourquoi il n’agit pas… ni ne s’inquiète de ses effets secondaire aggravant mon immunité. Quatre longues années à me traîner lamentablement, au point que mon mari doit négliger son travail pour s’occuper de moi, de la maison, des enfants.

Sa situation professionnelle devient de plus en plus précaire, et moi je perds mon travail également.

On dit qu’il n’y a aucun traitement et qu’inéluctablement les personnes atteintes meurent après une longue et horrible dégradation. Je crains d’avoir contaminé mon mari et vis sans cesse dans l’horreur de penser que j’aurais pu transmettre la mort à l’homme que j’aime, que nos enfants risquent de devoir assister à ma lente agonie, d’imaginer enfants et mari seuls, alors que j’éprouvais tant d’amour pour eux.

Mon découragement était immense.

Début octobre 1988, mon médecin traitant me fait faire un test de dépistage du SIDA, test qui s’est avéré positif. On découvre également que les transfusions sanguines m’ont transmis l’hépatite C. Mon médecin me propose alors d’être prise en charge par l’hôpital.

Je refuse catégoriquement, trop consciente que si l’opération de 1984 m’avait sauvé la vie, les transfusions me l’ont reprise.

Mon médecin me parle alors d’un patient atteint de la même maladie, qui ne pouvait plus travailler tant son état s’était dégradé, mais qui, suite à un nouveau traitement allait beaucoup mieux et avait repris son travail : « je vais tâcher de retrouver le nom de ce produit » nous promit-il.

Tout de suite, il nous expliqua qu’il n’était pas médecin, mais chercheur en biochimie, nous demanda de garder le contact avec notre médecin, et de faire faire certaines analyses complémentaires. Il nous dit ne pouvoir se prononcer tant qu’il n’aurait pas examiné tous les documents.

Avec le recul, je réalise tout le mal que peut faire une telle médisance. Peu après, je commençai à prendre le PB-100, (aujourd’hui PAO Pereira), produit antiviral qu’il avait lui-même mis au point.

Cela faisait pratiquement un mois que je prenais très régulièrement les produits indiqués lorsque, subitement et pour la première fois depuis des années (depuis 1985 exactement), mes infections urinaires disparurent. Il fallut beaucoup plus de temps pour que l’immunité remonte.

Cependant j’étais souvent inquiète : y aurait-il résistance des virus, reprise de la maladie ?

Car à cette période, l’homme qui me redonnait vie et espoir était attaqué de toutes parts dans la presse et à la télévision de la manière la plus brutale et injuste qui soit. Certaines associations emboîtaient le pas de ces attaques et des médecins très médiatisés affirmaient avec haine et mépris que « tout cela n’était que charlatanisme ».

Et certains soirs, le doute m’envahissait : avais-je pris la bonne option ?

Jusqu’au jour où, le 9 octobre 1996, la police vint l’arrêter, le mit en examen, me confisqua mes produits… : on tentait de me tuer, pour la seconde fois !

Je n’ai jamais cessé de prendre les produits Beljanski sauf en cette sombre période où la police est venue me les confisquer, me garder à vue 48 heures, me faire dormir en cellule, perquisitionner mon appartement et ma petite maison de campagne en Vendée.

Cette action policière m’a engendré un stress important qui a bien failli m’emporter. En effet, mon immunité a chuté de façon importante mais toujours et grâce aux produits Beljanski ma santé tenait le coup malgré un taux de Lymphocytes T4 descendu aux environ de 70 au lieu de 500 à 1200, valeur normale chez la femme.

Je suis restée comme cela pendant plus de 6 années, mais une hernie discale m’a obligée à consulter dans le milieu hospitalier et à rencontrer un virologue qui affolé voulait me mettre sous Trithérapie à haute dose.

Je lui ai tenu tête considérant que l’antiviral que je prenais était le bon.

Toutefois je me suis souvenue que Mirko BELJANSKI, lorsque j’avais le bonheur de le rencontrer, aurait souhaité à l’époque adjoindre à ses traitements des anti-protéases à moindre dose. J’ai donc réussi à convaincre ce virologue de me prescrire ces anti-protéases, ce qu’il fit mais à hautes doses. J’ai aussitôt divisé la dose par 2 et pour l’instant mes lymphocytes T4 remontent petit à petit pour atteindre à ce jour.

Malgré le stress, la perte du travail que mon mari avait retrouvé, les persécutions psychologiques, le chagrin de voir Mirko BELJANSKI détruit, je vis normalement, bien qu’à vie je resterai traumatisée par tant d’injustices, de haine et de mépris de la vie et de la science.

Je compte bien en profiter encore de nombreuses années grâce à Monique et Sylvie BELJANSKI qui perpétuent à Natural Source à New York la mémoire de Mirko et me permettent d’avoir toujours ces merveilleux produits que je prends régulièrement depuis maintenant 24 ans.

Merci également à l’association CIRIS qui, par l’intermédiaire de sa présidente, assure un relationnel important pour les malades en les informant sur les dernières avancées de la recherche.