Témoignage du cancer du sein par un médecin

En 1998, madame X., alors âgée de 43 ans, vient me consulter pour une “boule” au niveau de son sein gauche. L’examen échographique pratiqué par mes soins ayant montré des images suspectes de malignité, une cytoponction est effectuée, dans les jours suivants, sous repérage mammographique et confirme la nature cancéreuse de cette lésion. Une tumorectomie et une radiothérapie s’avèrent nécessaires et suffisantes pour solutionner le problème.

Six mois plus tard, une nouvelle petite tumeur apparaît à l’examen échographique, mais cette fois sur le sein droit : même démarche diagnostique et thérapeutique, la chimiothérapie ne trouvant pas d’indication devant ce degré de malignité assez modéré.

Cinq ans plus tard, chez cette patiente alors âgée de 48 ans, la surveillance systématique mammo-écho retrouve une nouvelle image suspecte sur le sein droit, à distance du foyer de tumorectomie. L’examen histologique du fragment tissulaire prélevé par micro-biopsie montre une lésion cancéreuse à degré de malignité assez élevé. L’équipe des oncologues pré- conise une mastectomie et la mise en place rapide d’une chimiothérapie, ce d’autant que l’IRM pratiquée en complément révèle l’existence de trois autres petits foyers satellites dans ce-même sein.

Madame X., qui a entendu parler des formules Beljanski, décide de surseoir à la chimiothérapie et à la chirurgie, et se met à la prise journalière de Pao pereira et Rauwolfia vomitoria. Les médecins « raisonnables » ne pouvant rien pour cette insoumise, et désarmés par cet attentisme suicidaire, une surveillance échographique exclusive est instaurée mensuellement.

J’ai pu observer au cours des six premiers mois une modification progressive de la lésion accessible à l’imagerie : elle devenait mieux circonscrite, avec des contours de mieux en mieux dessinés notamment au niveau de son plan profond ; en clair, elle semblait perdre de son caractère « agressif ». Au-delà des six mois, l’image ne changeait plus de volume ou d’aspect, elle devenait stable.

La patiente s’est alors résolue à la mastectomie. Au détours de l’intervention, l’examen anatomo-pathologique de la pièce d’exérèse a beaucoup dérouté l’équipe médicale : après lecture et relecture des lames, il était incontestable que la lésion était devenue de bas-grade de malignité, et ne nécessitait plus de chimiothérapie.

Les sceptiques peuvent toujours alléguer une régression spontanée de la sévérité d’un cancer… mais le résultat est bel-et- bien là.

Madame X., six ans après sa dernière chirurgie, se porte bien ; elle est régulièrement surveillée, et tous les voyants, cliniques, biologiques et mammographiques, sont éteints.